À quel point les anciens guerriers avec des épées étaient-ils bons ?

Ce n'était pas comme dans les films, mais les épées étaient souvent portées par des hommes d'armes ou des nobles très entraînés, pour deux raisons : elles étaient chères à fabriquer et réparer, et elles sont moins efficaces qu'une hache, une masse ou une arme d'hast dans les mains d'un novice.

Rappelons qu'il n'y avait pas de conscription de masse, juste des levées exceptionnelles de milice comme celles qui ont permis la victoire française de Bouvines. Les soldats étaient donc souvent des professionnels et non pas des civils à qui on met une arme dans les mains, ce qui explique la taille réduite des batailles de l'époque par rapport à la population.

Les combats à l'épée étaient bien moins fréquents que ce qu'on voit dans les films : même les chevaliers dont le statut était lié à la noblesse de l'épée, utilisaient presque tous d'autres armes comme arme principale. Marteaux d'armes, fauchons, masses, haches, lances, bardiches…

Dans la réalité, les épées ne se tiennent pas toujours comme dans les films : face à une armure ou dans un espace restreint, on utilise la prise de la demi-épée, avec une main sur la lame pour guider la pointe. On pouvait aussi les utiliser en se servant du quillon comme marteau et de la lame comme manche.

Faire de bonnes coupes nécessite des gestes sûrs, garder le fil de la lame dans l'alignement pour traverser la chair, de bons appuis et un bon dosage entre la vitesse et la masse mise en jeu. La frappe doit se faire idéalement à un certain point de la lame, en général un tiers depuis la pointe, qui évite des vibrations qui réduisent l'efficacité de la frappe. Couper ou estoquer en plein combat, ce n'est pas facile.

Les épées ne sont pas des sabres laser et les protections étaient efficaces : ce n'est pas parce qu'on touche quelqu'un que le combat est fini pour lui. Certaines touches pendant une mélée manquent de puissance et sont incapables de traverser les protections ou de blesser à travers. Je ne parle même pas des armures complètes, dont il est certain qu'elles sont insensibles à la plupart des attaques. Je parle même des cottes de mailles et des armures de tissus (gambisons etc). Pourquoi s'encombraient-ils d'équipements pesant une bonne vingtaine de kilos si un petit estoc pouvait traverser de part en part la maille et le gambison ? Les tests de coupe avec des cottes de mailles sont souvent très mal réalisés, et sont pratiqués sur des cottes de mailles buttées et non rivetées, donc irréaliste et beaucoup moins solides, le tout sur des cibles immobiles ne pouvant pas absorber le choc, et souvent contre une matière qui ne se déforme pas, comme un poteau de bois ou un arbre. Les coupes décisives devaient être faites avec de bons appuis, sous de bons angles, avec le bon geste au bon moment.

Les frappes aux jambes étaient fréquentes : un grand nombre de squelettes sur les champs de bataille médiévaux présentent des blessures importantes aux jambes. Les jambières antiques ne sont pas là pour décorer. Le bouclier long protège bien les jambes, surtout dans une formation, mais cette protection n'est pas parfaite, et un ennemi peut assez vite vous les faucher en se protégeant des coups descendants par une brève levée de son bouclier au moment où il se baisse. Les jambes coupées au niveau du genou étaient fréquentes, on peut en retrouver des exemples dans certaines sagas nordiques. Oubliez les "codes d'honneur" dans une mélée. Celui qui n'attaque que le haut du corps est défavorisé par rapport aux autres.

Les combats étaient beaucoup plus sanglants que ce qu'on voit dans les films : je vous épargne les photos, mais il n'est pas rare que les attaques à la machette laissent un bras ou une main à moitiée décrochée, ne tenant au corps qu'au moyen de quelques tendons et d'un bout de peau. Les gens se vidaient de leur sang, ce qu'on ne voit pas forcément dans les morts par balle. Les crânes étaient explosés à coup de masse, de hache ou de pierre et les dagues s'enfonçaient dans les yeux par les visières. Une grosse partie des morts ne se faisaient pas pendant le combat, mais des suites du combat par septicémie. Mais les films et séries s'améliorent sans cesse et nous aurons peut-être un jour un "Il faut sauver le soldat Ryan" version moyen-âge.

L'homme blessé, “Fasciculus Medicinae” publiée en 1492 par Johannes de Ketham.


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